vendredi 13 mars 2009

Equateur - 1ère partie

La lumière du jour commence à briller de tout son éclat. Il n'est que 6 heures du matin. Le cocq et les poules se sont réveillées avant et ils ont menacé de réveiller tout le monde avec leur chant. On entend les voitures rouler à toute allure dans cette rue récemment asphalté. Il y a 2 ans, elle n'était même pas véritablement une rue, juste un chemin qui coupait les jardins de maisons. Maintenant, elle coupe des véritables blocs de maisons d'un quartier en mouvement.
Le voyage pourrais commencer là, dans ce quartier de l'est de Portoviejo, la capitale de la province de Manabi. Où il pourrait s'avancer davantage, à l'arrivée à l'aéroport de Guayaquil. L'aéroport appelé José Joaquin d'Olmedo, en honneur au poète et premier maire de Guayaquil. Première surprise donc, car cet aéroport s'appelait avant Simon Bolivar. Il a changé de nom avec sa restauration et il devenu beau, propre mais surtout, organisé. Il est plus grand aussi et d'après le Conseil International d'Aéroports, il paraît être une des meilleurs infrastructures aériennes d'Amérique Latine. Le vol de Madrid à Guayaquil, au bord d'une compagnie aérienne d'origine chilienne où l'Equateur est devenu accionnaire, a été aussi une agréable surprise. Les hôtesses de l'air étaient équatoriennes avec tout ce qui cela implique: très aimables, jeunes, douces, tout le contraire des hôtesses ibériques qui souvent traitaient mes compatriotes équatoriens rudement. L'avion aussi était flambant neuf, un vieil avion restauré avec des petits sièges et des écrans individuels.
Le coeur en expansion, nous avons atterri en regardant le fleuve Guayas et le quartier de las Penas nous accueillir avec les lumières de la nuit. Il a fallu qu'on pose le pied à terre pour que la nuit finisse d'un coup et le jour pointe de tout son éclat.
Les teints bronzés et les sourires de ma famille, m'ont reçu les bras ouverts. Pour un instant, lorsque nous faisions la queue de la douane, je me ressentait étrangère à toutes ces personnes qui étaient là, comme si je n'avais plus rien en commun avec eux et je me demandais si ce n'avais pas toujours été ainsi, même lorsque j'habitais là-bas et je ne connaissait que mon pays.
Mais non, ma famille était là, et cela suffisait pour retrouver mes marques et mes pas.
Avec un petit déjeuné très grand, avec des gros bolones de verde, de boules de banane verte et du café lyophilisé dans le ventre, nous avons tout de suite entrepris la route vers ma province, Manabi, dans le tout nouveau et 4x4 de mon père, lui qui quelques années en arrière avait eu à peine de quoi se payer le ticket de bus.
Mais il n'était pas le seul. Les voitures neuves sont plus nombreuses à Guayaquil et elles ont remplacés les délabrés de il y a quelques années. Par contre, sur la route, dans les villages ruraux entre Guayaquil et Portoviejo, les grosses camionnettes vielles sont toujours là, chargeant des dizaines de personnes dans leur pick-up, qui reçoivent le vent sans se gêner.
Le pays est vert, vert, vert, les plantes poussent même dans les câbles électriques, toute la vie bouille, se précipite de la terre à l'air. C'est l'hiver ou plutôt, la saison de pluies. La chaleur et l'eau rendent ce paysage qui peut être relativement sec en été, un hommage à la fertilité.
Sur ce chemin, autour de Jipijapa, il y a des petits vendeurs de tortillas de maiz y de yuca, des sortes des « tortillas » de mais et manioc, farcies au fromage cuit ou aux lardons. Il est devenu un rite de faire une pause pour prendre des tortillas avec un jus de fruit, de mangue ou de pastèque.
Les baobabs sont fleuris dans cette saison, comme si ses figures d'hommes statiques mais vivants, se seraient vêtues pour une fête.
La route de Guayas est une véritable route, toute neuve aussi. Traverser le péage pour la province de Manabi est traverser la ligne vers la mauvaise route, celle qui a encore plein de trous. Après avoir visité un petit site archéologique à la Pila, de la culture Mantena, la route vers Portoviejo est redevenu excellente, toute neuve. Elle continue comme ça jusqu'à un nouvel périphérique de Portoviejo, qui longe de nouvelles constructions, des urbanisations fermés, à l'Américaine, avec des gros portails et des gros mûrs qui les délimitent.
Malgré ça, la ville reste toujours là même. Cette atmosphère chaleureuse, tranquille et desinhibée, continue à la caractériser. La capitale de la province de Manabi, Portoviejo, est toujours comme le récite en grosses lettres un de ses murs, « la ville la plus belle du monde ». Quand on la voit, ou l'on l'habite, on ne crois pas à ce vers, seulement quand on la quitte.
Et ceci est valable pour toute la province. Il y a une beauté profondément attachante, faite des bois tropicaux humides, de bois tropicaux secs, de plages interminables et calmes, désertes et belles, des villages éloignées avec ses maisons en pilotis construites en cana guadua, en bambou, sa variété des fruits et des légumes, ses hommes braves et ses femmes ardentes, aux yeux bleus ou aux yeux noirs, bronzés ou blancs.

A part le thon, les crevettes, le cacao, le café, qui ont nourri non seulement l'Equateur, mais aussi le monde, car l'Equateur a été le premier exportateur de ces produits à de différents moment de son histoire, Manabi exporte aussi, le très connu chapeau de Panama, qu'on croit qu'il est fait à Panama, mais qu'il est fait à Montecristi, une petite ville qui se trouve entre Portoviejo et Manta, ce dernier, deuxième port après Guayaquil.
Montecristi n'est pas seulement connue grâce à son chapeau de Panama, mais aussi parce qu'elle est la ville de naissance d'un des personnages historiques le plus célèbre de l'Equateur, et qui est devenu pendant ces derniers années, le référent historique de la vertu politique dans ce pays, Eloy Alfaro.
En hommage et en souvenir « al luchador Alfaro », à l'homme de lutte Alfaro, qui fut le président de l'Equateur au début du siècle dernier et qui impulsa le développement et la modernité en Equateur avec ses idées libérales et sociales (comme la laïcité, le vote des femmes, la construction d'un chemins de fer pour lier la côte de la montagne, la Costa de la Sierra), il a eu lieu à Montecristi, l'assemblée Constituante, pour écrire la nouvelle constitution que maintenait réglè la vie du pays.

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